L’armée iranienne a annoncé avoir lancé des frappes contre des cibles américaines à Bahreïn et au Koweït, tôt dimanche”, dernière salve en date de “représailles réciproques ayant débuté jeudi et menaçant de compromettre les négociations visant à mettre fin au conflit” au Moyen-Orient, résume The New York Times.

Selon les médias officiels iraniens, les Gardiens de la révolution – l’armée idéologique de l’Iran – “ont frappé huit cibles américaines — situées sur une base navale américaine à Bahreïn et sur la base aérienne Ali Al Salem au Koweït — en représailles à des attaques américaines”, précise le quotidien new-yorkais.

Un haut responsable américain a assuré à l’agence Reuters que ces attaques n’avaient fait ni victime ni dégâts majeurs.

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Samedi, l’armée américaine avait annoncé sur X avoir visé dix cibles, dont des “infrastructures de surveillance militaires iraniennes, des systèmes de communication, des sites de défense aérienne, des installations de stockage de drones et des moyens de pose de mines”. Des frappes elles-mêmes qualifiées par les Américains de représailles à une attaque par un drone iranien d’un pétrolier battant pavillon panaméen.

Des échanges de frappes avaient déjà eu lieu vendredi, après l’attaque jeudi d’un cargo par un drone iranien dans le détroit d’Ormuz.

Ces deux jours de représailles croisées marquent “la pire escalade depuis la signature [le 17 juin] d’un accord de paix provisoire visant à mettre fin” à la guerre de quatre mois entre les États-Unis et l’Iran, observe Middle East Eye.

“Riposte implacable”

Et les deux pays ont bien vite renoué avec leurs discours belliqueux et menaçant. Les Gardiens de la révolution ont ainsi averti que “toute agression ennemie potentielle, sous quelque prétexte que ce soit, même si elle vise des cibles mineures, comme ce fut le cas hier soir et ce soir, se [verrait] infliger une riposte implacable”.

Selon la BBC, l’Iran assure que le protocole d’accord signé avec Washington lui octroie des “mécanismes pour contrôler le passage et la navigation dans le détroit d’Ormuz, et que les navires contrevenant à ces règles [seraient] désormais traités avec une fermeté accrue”.

Or pour les autorités iraniennes, l’attaque de jeudi contre un cargo était motivée par le fait que le navire avait emprunté une route non autorisée. À leurs yeux, les “représailles” américaines n’étaient donc pas justifiées et constituaient une violation du cessez-le-feu.

Donald Trump ne l’entend évidemment pas de cette oreille et a accusé l’Iran, dans un message publié samedi soir sur son réseau Truth Social, d’“avoir violé, ENCORE UNE FOIS, l’accord de cessez-le-feu ! ”.

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“Il se peut qu’un jour, nous ne puissions plus faire preuve de raison et que nous soyons contraints de mener à bien par la force militaire la mission que nous avons si bien entamée. Si cela se produit, la République islamique d’Iran cessera d’exister ! ”, a-t-il tonné.

“Cela rappelle les termes et la rhétorique que Trump a employés publiquement par le passé”, observe Al-Jazeera. “Il s’agit là de propos très fermes, qui suggèrent que la Maison-Blanche cherche à adresser un message dissuasif” à Téhéran : “ces attaques doivent cesser, faute de quoi l’Iran s’expose à de nouvelles actions militaires, et de plus grande envergure”.

“Cela soulève de nouvelles questions et inquiétudes quant à une éventuelle escalade et à la capacité de ce fragile cessez-le-feu à perdurer”, analyse la chaîne qatarie.

Sur le front libanais, l’accord-cadre signé vendredi entre le Liban et les États-Unis semblait lui aussi bien fragile. Samedi, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a qualifié l’accord de “grave erreur” et de “nul et non avenu”, estimant qu’il “légitimait” l’occupation israélienne, rapporte L’Orient-Le Jour dans son live.

Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré pour sa part que Tsahal avait reçu l’ordre de se préparer à un “séjour prolongé” au Liban, assurant que tout retrait du pays du Cèdre était conditionné au désarmement du Hezbollah.