“L’Alberta a choisi le Canada”, s’est réjoui le Premier ministre Mark Carney, cité par Radio-Canada. Sur X, son homologue albertaine, Danielle Smith, s’est dite “heureuse” des résultats du référendum non contraignant sur l’indépendance de la province, qui s’est tenu le 19 octobre. Selon un décompte quasi définitif d’Élections Alberta, au matin du 20 octobre, plus de 80 % des électeurs ont voté en faveur du maintien de leur riche province pétrolière au sein du Canada, plutôt que de donner le feu vert à une nouvelle consultation populaire contraignante pour déterminer si l’Alberta doit se séparer ou non du pays.
La presse albertaine ne jubile pas pour autant. Pour le Edmonton Journal, le pouvoir canadien “n’est pas encore d’affaire”, car ces résultats “ne signifient en aucun cas que les griefs de l’Alberta ont disparu et que l’establishment de l’Est, ces soi-disant ‘élites laurentiennes’ [référence à la vallée du fleuve Saint-Laurent, où se trouve Ottawa] peuvent se reposer sur ses lauriers”. Le quotidien estime que la balle est désormais dans le camp de Danielle Smith, Première ministre de l’Alberta, et rappelle que la province “a une liste de tâches à accomplir, allant bien au-delà de la question d’un pipeline vers la côte ouest”, désigné d’intérêt national par Ottawa depuis le 1er octobre.
‘‘Coup de semonce’’
Le Calgary Herald demande qu’on laisse les Albertains “à nouveau tranquilles pour cultiver, forer du pétrole, diriger [leurs] petites entreprises et prendre soin de [leurs] familles”. Combatif, le Western Standard clame que, si “l’indépendance perd pour l’instant”, le référendum constitue “un coup de semonce qu’Ottawa ne peut ignorer”. Les Albertains, affirme le journal, “demandent des changements constitutionnels”.
Dans les pages du Globe and Mail, Tegan Hill, spécialiste des questions albertaines au sein de l’Institut Fraser, groupe de réflexion conservateur, signale que “depuis les années 1960”, l’Alberta n’a pas reçu de fonds relevant du programme national de péréquation, visant à favoriser l’égalité entre les différentes provinces du pays. La Presse note de son côté que par le biais des neuf autres questions du référendum, Mme Smith demandait “un mandat fort” sur la nomination des juges dans la province, souhaitait amorcer des négociations pour l’abolition du Sénat canadien, et réclamait davantage de pouvoirs provinciaux sur les questions d’immigration. Les électeurs albertains ont répondu majoritairement ‘oui’ à ces demandes de leur gouvernement.
Nouvelle fronde des séparatistes
Dans un entretien accordé à la chaîne Global News, le leader du mouvement séparatiste Alberta Prosperity Project, Jeffrey Rath, signale que des centaines de milliers de ses concitoyens ayant voté en faveur de la sortie du Canada “vont s’engager à reprendre le contrôle” du parti conservateur au pouvoir. Il ajoute qu’il “fera pression pour la tenue d’une assemblée générale extraordinaire de la formation en vue de destituer [Danielle] Smith”. De son côté, Le Devoir note qu’une pétition citoyenne “pour déclencher un référendum sur l’indépendance” a été lancée par un autre leader séparatiste, Mitch Sylvestre, et “est toujours devant les tribunaux”. Dans une déclaration sur X reprise par la CBC, le Premier ministre ontarien, Doug Ford, déclare :
“Il appartient désormais au reste du Canada de concrétiser notre engagement envers l’Alberta en construisant de nouveaux pipelines, en valorisant nos ressources naturelles et en libérant une prospérité qui protégera l’avenir des Canadiens”.
Seuls sur une île déserte virtuelle, les agents d’IA semblent jouer
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