La Suisse est une destination d’expatriation loin d’être idyllique. En raison de la proximité géographique et linguistique, c’est pourtant la destination phare des Allemands, qui sont de plus en plus nombreux à vouloir émigrer. Mais une journaliste suisse installée en Allemagne a interrogé, pour le Tagesspiegel, des Allemands qui ont fait le chemin inverse.

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Fiona Kohl, partie de Düsseldorf pour faire ses études, est rentrée en Allemagne au bout d’un an. “En Suisse, je me sentais comme une citoyenne de seconde zone”, explique-t-elle, avant de déplorer la xénophobie et “l’hostilité envers les Allemands”. Quand ils ne sont pas confrontés directement à des agressions (ou à des micro-agressions), les étrangers se plaignent aussi de difficultés pour s’intégrer. Matthias Estermann est le président de l’Association des Allemands de Suisse et est installé dans le pays depuis trois décennies. “Il n’a pratiquement pas d’amis suisses”, souligne le quotidien, qui décortique les raisons de cette hostilité :

“Nombre de Suisses craignent qu’une forte immigration ne surcharge les infrastructures, n’aggrave la pénurie de logements et ne fasse flamber les loyers. S’ajoute à cela la crainte d’une concurrence accrue sur le marché du travail. Les Allemands, notamment, sont des professionnels hautement qualifiés qui parlent la même langue.”
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Rödiger Voss, économiste et conférencier originaire de Cologne et vivant en Suisse, a analysé plus de 3 000 commentaires d’expats allemands sur les portails d’information et les réseaux sociaux. Selon lui, “au début, ils sont contents de leurs salaires élevés et de leurs faibles impôts. Mais ensuite, ils se rendent compte qu’il ne leur reste pas grand-chose”. À titre d’exemple, une place en crèche à plein temps coûte environ 2 500 euros par mois contre 0 euro à Berlin ! Le chômage en hausse et le manque d’aide aux familles poussent aussi nombre de ses concitoyens à rentrer chez eux pour pouvoir bénéficier d’une protection sociale.

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Environ la moitié des 330 000 Allemands installés en Suisse rentrent dans leur pays dans les cinq premières années. Pour autant, le retour peut aussi constituer un choc. Quand il est retourné à Hambourg, Thomas Tidiks s’est dit qu’“en Suisse, tout coûte cher. Mais au moins, on a le sens du service. Beaucoup de choses fonctionnent mieux. Et puis, les trains sont ponctuels”. L’herbe semble donc toujours plus verte de l’autre côte de la frontière.

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