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Géopolitique

Les attaques ukrainiennes sur les raffineries russes provoquent des pénuries et… du mécontentement

Depuis trois mois, les drones de Kiev visent en Russie raffineries, ports, dépôts, oléoducs. Avec des effets en chaîne sur l’économie russe. Dans les stations-service, l’essence se fait rare.

Les attaques ukrainiennes sur les raffineries russes provoquent des pénuries et… du mécontentement
HaitiCreoleRadio.com

Vladimir Poutine l’a lui-même reconnu. Les frappes des drones ukrainiens, depuis trois mois, sur les infrastructures pétrolières russes ont atteint leur objectif : « déstabiliser la société », a expliqué le président russe, mardi 23 juin, au Kremlin, face à des diplômés d’établissements militaires. « Une telle campagne massive, avec un flux incessant de drones, vise à créer une certaine incertitude sur les actions de nos forces armées », a-t-il expliqué. Mais il a vite ajouté : cette « tentative de détourner l’attention sur l’avancée des troupes russes » ne sèmera pas le doute, et « nous atteindrons nos objectifs ».

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Les pénuries d’essence provoquées par les attaques ukrainiennes sur les raffineries contribuent pourtant à mettre à mal les promesses présidentielles de victoire. « Ce que je vois autour de chez moi, à Moscou, c’est que la moitié des stations essence sont fermées. Du jamais-vu ! Celles qui fonctionnent encore ne vendent plus toute la gamme d’essences. Et des files immenses se forment, avec jusqu’à une heure d’attente », témoigne Dmitri (nom d’emprunt à sa demande), cadre commercial à Moscou, joint par messagerie.

La semaine dernière, dans la nuit du mercredi 17 au jeudi 18 juin, les drones ukrainiens ont touché la raffinerie de Kapotnia, dans le sud-est de Moscou, à 15 kilomètres du Kremlin. Elle assurait plus d’un tiers des besoins en carburant de la capitale. Avant Moscou, située à 500 kilomètres de la frontière ukrainienne, un port pétrolier de Saint-Pétersbourg, à plus de 1 000 kilomètres, avait été touché début juin. Depuis Krasnodar (dans le Sud, à plus de 500 kilomètres) jusqu’à Perm (au cœur de l’Oural, à 1 500 kilomètres), Kiev vise raffineries, ports, dépôts, oléoducs. Avec pour objectif non seulement de perturber les chaînes d’approvisionnement de ce secteur-clé de l’économie, pourvoyeur du budget de guerre du Kremlin, mais aussi de plomber le moral des Russes.

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Après chaque frappe, les images d’immenses flammes sortant des infrastructures visées, de grands panaches de fumée noire et de « pluie de pétrole » font le tour des réseaux sociaux, malgré les blocages d’Internet et l’interdiction de diffuser des informations contredisant la propagande. « Le principal, c’est que le peuple russe commence à sentir qu’un seul homme, [Vladimir] Poutine, livre cette guerre, tandis que des gens ordinaires en payent le prix », a lancé le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, dans un message audio envoyé à la presse le 18 juin.

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