“J’ai créé un compte OnlyFans pour vendre des photos de mon derrière”, confiait la chanteuse britannique Kate Nash, en février dernier. Début juin, The Guardian expliquait que la star s’était inscrite sur la plateforme, connue pour ses contenus érotiques, dans le but de payer “les quelque 26 000 livres [près de 30 000 euros] de frais supplémentaires subis lors de sa dernière tournée européenne”. Coupable désigné : le Brexit.

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Derrière ce grand nom de la chanson, célèbre pour son titre Foundations, une cohorte de petits comédiens et artistes de scène souffrent d’autant plus, déplore le journal de centre gauche, résolument anti-Brexit.

Une Europe inaccessible

Entre 2016 et 2023, les exportations vers l’UE dans le secteur des arts du spectacle ont chuté de 1,15 milliard de livres à 929 millions de livres (soit de 1,3 milliard à 1 milliard d’euros environ), d’après l’Office for National Statistics, équivalent britannique de l’Insee. Autrefois incontournable, “l’Europe se montre de plus en plus inaccessible”, déplore le Guardian. En cause, “des règles de visa qui ne permettent de travailler que quatre-vingt-dix jours par tranche de six mois et une myriade de procédures administratives coûteuses et chronophages”. En conséquence, le prestigieux National Theatre a choisi de mettre un terme à ses tournées européennes en 2021.

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De leur côté, des directeurs de casting regrettent qu’il soit devenu “plus simple de faire recruter un comédien du Royaume-Uni pour un job en Australie que dans l’Union européenne”The Guardian rapporte que des agents se sont vu “suggérer de ne soumettre que des candidats détenteurs d’un passeport européen”, tandis que d’autres préfèrent tout simplement “blacklister les détenteurs d’un unique passeport britannique”.

Les stars passent entre les gouttes

Face à ces obstacles, les acteurs se livrent à une ribambelle de stratagèmes. Certains cherchent par tous les moyens à “remonter leur arbre généalogique pour y débusquer une double citoyenneté qui ouvrirait la voie à un passeport européen”. Lorsqu’ils ne possèdent pas ce précieux sésame, ils doivent parfois travailler illégalement, sans visa, au risque de se faire expulser, raconte encore le quotidien londonien.

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Quelques vedettes britanniques passent encore entre les gouttes, grâce à leur notoriété ou leurs moyens financiers, et continuent de couler des jours heureux sur les scènes européennes, à l’image de l’acteur de la série The White Lotus, Theo James, égérie d’une pub Dolce Gabbana tournée en Italie. “Les comédiens issus de la classe ouvrière ont vu la plus grande perte de perspectives de travail”, fustige The Guardian. Si le secteur s’en mord les doigts, Jonathan Shalit, fondateur d’une agence artistique, concède au journal : “En tant que pays, nous avons pris la décision de quitter l’Europe. Nous nous sommes infligés cela tout seuls.”