“Le miroir d’eau du Lincoln Memorial ne veut visiblement pas se laisser refaire une beauté”, ironise The New York Times. Voilà deux semaines que les travaux de rénovation du bassin de Washington, lancés à l’initiative de Donald Trump pour plus de 14 millions de dollars (12 millions d’euros), se sont achevés. Et voilà deux semaines que l’eau “cristalline” promise par le locataire de la Maison-Blanche se révèle en réalité “verte et trouble”. En cause : une prolifération d’algues que les autorités peinent à endiguer.

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Dans un reportage vidéo diffusé par CNN, une journaliste présente sur place montre les efforts déployés par le ministère de l’Intérieur pour redonner au bassin sa couleur bleu profond habituelle. “Derrière moi, des équipes s’emploient à aspirer les algues qui se sont accumulées, explique-t-elle. Plus tôt dans la journée, nous avons également vu des agents déverser d’importantes quantités d’eau oxygénée dans l’eau.”

Phosphates

Mais pourquoi ces opérations peinent-elles à produire des résultats ? Selon CNN, qui a fait analyser un échantillon du bassin, “le taux de phosphates est bien supérieur aux niveaux recommandés pour empêcher la prolifération des algues”. Une situation largement liée aux caractéristiques mêmes du site. “L’eau y est peu profonde et chaude, exposée à un fort ensoleillement”, explique un spécialiste interrogé par la chaîne américaine. Un environnement idéal pour le développement des algues, dont l’élimination pourrait s’avérer bien plus complexe qu’il n’y paraît.

À ces contraintes naturelles s’ajoutent des difficultés techniques. Le New York Times rapporte en effet que le bassin souffre de “nombreux problèmes”, notamment de “canalisations défectueuses” et de “fuites récurrentes qui le coupent régulièrement de son système de filtration”.

Malgré ces explications, Donald Trump a assuré sur ses réseaux sociaux que les algues étaient sur le point d’être éliminées. Le président américain a également avancé l’hypothèse d’un acte de vandalisme et mis en cause le mauvais entretien du bassin sous l’administration Biden, mais aussi sous celle de Barack Obama. Pourtant, ce dernier avait lui-même consacré plus de 34 millions de dollars (29,5 millions d’euros) à la rénovation du site.