Les amateurs chinois de Pou-lou-she-te (Proust en mandarin) ont accès à une nouvelle version de l’intégrale du chef-d’œuvre en sept volumes de Marcel Proust, A la recherche du temps perdu (1913-1927), en caractères chinois simplifiés, grâce à l’effort titanesque de la grande maison d’édition taïwanaise Linking, achevé fin 2025. Alors que Taïwan (tout comme Hongkong) utilise les caractères traditionnels du mandarin, la Chine continentale utilise les caractères simplifiés – signe que l’éditeur entend y trouver des lecteurs.
Sept traducteurs taïwanais, un par tome, ont travaillé pendant cinq ans, pour accomplir cette tâche monumentale. « Il a fallu respecter la liberté de chaque traducteur pour que chacun interprète Proust au mieux et à sa manière, tout en faisant fonctionner l’ensemble comme une œuvre. Je ne voulais ni uniformiser les différents tomes, ni qu’ils s’imitent les uns les autres… », dit l’animateur du projet, Kunyung Wu, lui-même traducteur et cofondateur d’une maison d’édition indépendante, Utopie.
Les sept tomes sont vendus ensemble dans un coffret. « On savait que si on les vendait séparément, à peine 10 % des lecteurs du premier tome iraient jusqu’au dernier. Donc on a fait le pari de proposer l’intégrale. Et déjà 2 000 coffrets ont été vendus. On est très satisfaits de l’accueil qu’a reçu le livre à Taïwan », commente Victor Huang, directeur général adjoint de Linking. Pour plonger le lecteur dans le contexte de l’époque, un petit volume complémentaire d’explications a été mis au point par cinq spécialistes.
Il vous reste 60.47% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.
Commentaires (0)
Laisser un commentaire
Aucun commentaire. Soyez le premier !