“Sadie Vipond avait 7 ans lorsqu’elle a été réveillée en pleine nuit par sa grand-mère qui lui a dit qu’elles devaient fuir la montée des eaux lors des inondations de Calgary, en 2013”, relate la CBC. Cette catastrophe, précise Inside Climate News, a été la plus coûteuse de l’histoire de la ville albertaine, “plusieurs habitants, dont Sadie Vipond, en garde un traumatisme”.
Six ans plus tard, en octobre 2019, Sadie et 14 autres jeunes Canadiens âgés de 10 à 19 ans, accompagnés par la militante suédoise Greta Thunberg, se sont retrouvés sur les marches de la Galerie d’art de Vancouver pour annoncer le dépôt d’une plainte contre l’État, poursuit Radio-Canada. “Devant la foule, ils accusaient l’État fédéral de brimer leurs droits fondamentaux en se dotant de plans insuffisants pour répondre à la crise climatique. Après des années de procédures judiciaires, leur cause est entendue depuis lundi [26 octobre] par les tribunaux.”
Contexte climatique “aggravé”
“On a vieilli, on n’est plus des enfants”, admet le plaignant Albert Lalonde, qui avait 17 ans lors du dépôt de la plainte. “Comme Albert, d’autres demandeurs sont entrés dans l’âge adulte, tandis que certains ont traversé l’époque charnière qu’est l’adolescence en apprenant à naviguer dans le labyrinthique système judiciaire et à apprivoiser la lenteur de ses procédures.” Entre-temps, affirme-t-il, “les impacts de la crise climatique se sont aggravés”.
Aux côtés d’experts du climat, ces jeunes doivent défiler à la barre. Ils témoignent de l’accroissement de phénomènes climatiques extrêmes : des feux de forêt aux vagues de chaleur, en passant par les sécheresses, les fortes pluies et la montée rapide du niveau de la mer.
Chaque jeudi, les pistes de la presse étrangère pour agir face au dérèglement climatique et s’adapter
“[Ils] soutiennent avoir le droit de vivre dans un monde doté d’un climat sûr et stable ; par conséquent, le fait de ne pas les protéger contre les préjudices liés au climat porte atteinte à leurs droits à la vie, à la liberté et à la sécurité de la personne, en vertu de l’article 7 de la Charte des droits et libertés”, résume le magazine de l’Association du barreau canadien National.
Dans son allocution d’ouverture du procès, indique La Presse, l’avocate B. J. Wray, qui représente le gouvernement, a plaidé pour le rejet de leur requête, affirmant qu’Ottawa avait l’obligation politique, mais pas juridique, de réduire les émissions de gaz à effet de serre.
Première dans les annales judiciaires canadiennes
“C’est la première fois dans l’histoire des tribunaux canadiens que de jeunes citoyens contestent la réponse globale de l’État à la crise climatique en arguant qu’elle contrevient directement aux droits fondamentaux”, assure Radio-Canada. Cinq semaines d’audience sont prévues pour ce procès “dont l’issue pourrait modifier de manière significative les politiques en matière de changement climatique à l’échelle du pays”, soutient le Toronto Star.
Comme l’observe Inside Climate News, des militants du monde entier se tournent vers les tribunaux depuis quelques années pour exiger que des comptes soient rendus.
“J’aimerais voir mon pays capable de prendre position en faveur de ce que je sais être juste”, conclut Sadie Vipond, interrogée par la CBC.
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