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Géopolitique

Ventes de la pêche en France : une géographie très concentrée

Une carte de l’AFP, fondée sur les données FranceAgriMer 2025, révèle une concentration extrême des ventes de poisson en halle à marée sur la façade Manche-Atlantique Nord. Boulogne-sur-Mer domine très largement le classement, devant un trio breton — Erquy, Saint-Quay-Portrieux, Lorient

  • Une carte de l’AFP, fondée sur les données FranceAgriMer 2025, révèle une concentration extrême des ventes de poisson en halle à marée sur la façade Manche-Atlantique Nord.

  • Boulogne-sur-Mer domine très largement le classement, devant un trio breton — Erquy, Saint-Quay-Portrieux, Lorient — tandis que l’Atlantique Sud et la Méditerranée restent en net retrait.

  • Derrière les volumes affichés se lit une filière sous tension — quotas européens, Brexit, coût du gasoil — structurée autour de quelques pôles industriels.

Cette carte de l’AFP, réalisée à partir des données FranceAgriMer pour 2025, représente les ventes de poisson en halles à marée par port. Elle livre plusieurs enseignements géographiques et économiques importants.

La domination du Nord

Le premier constat est la concentration exceptionnelle des ventes sur la façade Manche-Atlantique Nord. Boulogne-sur-Mer écrase le classement avec 17,4 milliers de tonnes vendues en halles à marée, soit presque le double du port suivant. Ce n’est pas une surprise : Boulogne est le premier port de pêche français depuis des décennies, adossé à une filière industrielle de transformation (surimi, filets sous vide, conserves) qui en fait aussi le premier centre européen de transformation du poisson.

Boulogne n’est pas uniquement un port de débarquement : c’est une plateforme logistique à part entière.

La Bretagne, cœur de la pêche artisanale

La deuxième concentration visible est bretonne. Erquy (11,8), Saint-Quay-Portrieux (11,1) et Lorient (11) forment un trio de tête qui illustre le poids structurel de la Bretagne dans la pêche française. Ces ports sont caractéristiques de la pêche côtière et hauturière bretonne : coquilles Saint-Jacques pour Erquy et Saint-Quay, langoustines et poissons nobles pour Lorient. La densité des cercles sur la côte bretonne, même pour les ports non annotés, dit à elle seule la vitalité d’un tissu de petits et moyens ports qui font de la Bretagne la première région halieutique de France.

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L’Atlantique Sud et la Méditerranée, en retrait

Le contraste est saisissant avec les côtes atlantique sud et méditerranéenne. Royan n’affiche que 0,5, un chiffre symbolique pour une ville côtière. Saint-Jean-de-Luz, traditionnellement associée au thon et à l’anchois basques, atteint 3,9. Le Grau-du-Roi, seul port méditerranéen annoté, ne dépasse pas 2,1.

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