La France a connu, le 31 octobre, son troisième samedi consécutif de mobilisation contre la vie chère, née dans le sillage des manifestations et blocages de lycéens et étudiants. À Paris, où 70 000 personnes ont été recensées par la préfecture de police, et dans d’autres grandes villes, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé, samedi après-midi, sans incident notable et parfois masquées ou costumées en ce jour d’Halloween, rapporte The Guardian dans un live consacré à la situation.

320 000 manifestants ont été comptabilisés dans le pays, selon le ministère de l’Intérieur, une mobilisation en baisse par rapport aux samedis précédents. D’après l’intersyndicale de la jeunesse, près de 500 000 personnes ont manifesté en France, dont 200 000 à Paris.

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The Guardian rappelle que 70 000 membres des forces de l’ordre avaient été déployés pour cette journée considérée à “haut risque” par les autorités, qui redoutaient des heurts après la dispersion des cortèges. En fin d’après-midi, la situation commençait à se tendre, notamment dans la capitale. Le journal britannique relève aussi que le ministre de l’Intérieur français, Laurent Nuñez, avait mis en garde les manifestants contre le port de masques qui pourraient dissimuler leur visage.

“Pour un avenir meilleur”

Au-delà de l’Hexagone, ce 31 octobre a aussi donné lieu à des manifestations dans une trentaine de villes d’Allemagne, un mouvement de la jeunesse baptisé “Gen Z regelt” (“la Gen Z prend les choses en main”) et inspiré des mobilisations en cours dans plusieurs pays d’Europe, dont la France. Là aussi globalement dans le calme, des milliers de personnes ont défilé dans tout le pays. Selon les autorités citées par Die Zeit, elles étaient notamment 8 000 à Francfort ou 6 500 à Leipzig. Dans la capitale, Berlin, 5 000 manifestants ont été recensés par la police, 10 000 selon les organisateurs.

À Cologne, le défilé a été annulé “en raison de l’utilisation d’engins pyrotechniques et du port de cagoules par certains participants”, indique la Frankfurter Allgemeine Zeitung. 15 000 participants avaient été déclarés, mais ils étaient moins nombreux sur place, selon la police locale.

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Le quotidien allemand souligne que les manifestants rencontrés “se distancient clairement de la violence”, une jeune femme de 20 ans participant au rassemblement de Francfort déclarant notamment : “Nous ne sommes pas Paris”, alors que les violences du 17 octobre dans la capitale française avaient fait le tour du monde. En plus du coût de la vie et des conditions d’enseignement, les participants “sont particulièrement sensibles à la question du service militaire obligatoire”, précise le journal.

Si Die Tageszeitung fait état de tensions à Hambourg et à Stuttgart, le quotidien de gauche se félicite de son côté que “plusieurs dizaines de milliers de jeunes manifestent dans tout le pays pour un avenir meilleur – et ce, de manière très pacifique”. Et de rappeler que “les conservateurs avaient laissé entendre au préalable qu’il y aurait des émeutes” dans le pays.