« Je ne me suis pas “servi” lorsque j’étais au pouvoir. Je suis donc en paix avec ma conscience », disait Henri Konan Bédié dans un entretien au Monde le 1er août 2019, quatre ans jour pour jour avant sa mort en 2023, à 89 ans. Notre enquête menée dans le cadre du projet « OpenLux », en partenariat avec l’Organized crime and corruption reporting project (OCCRP), interroge pourtant aujourd’hui le patrimoine de l’ancien président de la Côte d’Ivoire (1993-1999), autour duquel a longtemps flotté un parfum de corruption.
Car en ce mois de juin 2026, le registre luxembourgeois des sociétés liste étrangement toujours le défunt président ivoirien comme bénéficiaire effectif d’une société, la Compagnie internationale de financement (CIF). Obtenir cette information a été permis par le vent nouveau de la transparence qui a soufflé sur l’Europe dans les années 2010. En 2019, année où le Grand-Duché oblige toute entité locale à nommer son réel détenteur, l’ex-président se déclare bénéficiaire effectif de la CIF. Dans les comptes de celle-ci apparaît une participation dans Tiverton Consultants Limited, une coquille offshore créée en 1996 aux îles Vierges britanniques, qui elle-même a détenu environ 4 % de la Solibra, leader ivoirien des boissons et filiale du groupe français Castel.
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