La Commission électorale israélienne a publié les résultats finals des élections législatives après le dépouillement, le 29 octobre, des derniers bulletins dits à “double enveloppe”, utilisés par les électeurs qui votent en dehors de leur bureau de vote d’inscription, comme les soldats ou les diplomates.

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Ces résultats définitifs confirment ce que les premiers sondages de sortie des urnes après le vote de mardi avaient esquissé : l’impossibilité pour le bloc du Premier ministre sortant, Benyamin Nétanyahou, ou celui autour de Gadi Eisenkot de former, seuls, une majorité ; et la très forte percée des partis arabes.

Voici les principaux enseignements à tirer de la nouvelle composition de la Knesset, le Parlement israélien.

Les partis arabes doublent leur nombre de sièges

Avec 5 716 665 suffrages exprimés, le taux de participation final s’élève à 77,9 % – “le chiffre le plus élevé depuis des décennies”, souligne Times of Israel –, Ce qui s’explique principalement par la très forte mobilisation des Palestiniens d’Israël (autour de 80 %), qui représentent environ 20 % de la population. Un vote massif – 835 000 voix contre 511 000 lors des précédentes élections en 2022, soit une augmentation de 63 % – motivé par le rejet de Benyamin Nétanyahou et de ses alliés d’extrême droite.

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Conséquence : les deux listes des partis arabes, la Liste unifiée et Raam, doublent quasiment leur nombre de sièges, passant de 10 – cinq chacun dans le Parlement sortant – à 19– 11 pour la Liste unifiée et 8 pour le Raam. Un record depuis la création de l’État d’Israël.

L’opposition sioniste en faible hausse

Avec 38 % des voix et 48 sièges, le “bloc du changement”, qui regroupe les partis sionistes d’opposition, fait un peu mieux qu’en 2022 où il avait obtenu 46 sièges. Le Yashar de Gadi Eisenkot est en tête de ce bloc avec 21 sièges, devant la liste Ensemble des anciens Premiers ministres Naftali Bennett et Yaïr Lapid avec 12 sièges.

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Les Démocrates de Yaïr Golan doublent leur nombre de sièges, passant de quatre à huit tandis qu’Israël Beitenou d’Avigdor Liberman gagne un siège, passant de six à sept.

Ces résultats constituent une déception pour ce bloc car, comme le souligne le quotidien anglophone The Jerusalem Post, la plupart des sondages avant le scrutin donnaient ce bloc devant celui de Nétanyahou, et le Yashar devant le Likoud du chef du gouvernement. Ce n’est pas ce qui s’est passé.

Le Likoud résiste

En passant de 68 à 53 sièges, le bloc autour de Benyamin Nétanyahou a perdu la majorité, passant de 48 % à 42 % des voix, comme l’écrit le quotidien Yediot Aharonot.

Avec 27 sièges, Le Likoud du Premier ministre sortant en a perdu cinq mais il reste le premier parti d’Israël. Les deux partis d’extrême droite restent globalement stables – Oztma Yehudit (7 sièges) d’Itamar Ben Gvir gagne un siège tandis que le Sionisme religieux de Bezalel Smotrich (6 sièges) en perd un.

À noter, cependant, l’effondrement du parti ultraorthodoxe Shas, qui tombe à 6 sièges alors qu’il en avait 11 durant le mandat précédent.

Face à ce Parlement morcelé, deux types de majorité restent envisageables.

Une majorité “anti-Nétanyahou” avec la participation du “bloc du changement” et le soutien des partis arabes, qui bénéficieraient en tout de l’appui de 67 députés, même si certains leaders de l’opposition ont affirmé qu’ils refusaient de gouvernement avec les partis arabes.

Une majorité d’“union nationale” dirigée par Nétanyahou qui irait des Démocrates au Likoud, qui pourrait bénéficier jusqu’à 75 députés, excluant les partis arabes, mais aussi ceux de l’extrême droite et ultraorthodoxes. Mais Eisenkot et d’autres leaders d’opposition ont affirmé qu’ils refuseraient de siéger dans une coalition dirigée par Nétanyahou.