Israël est plongé “dans une impasse politique complexe” après les élections législatives de mardi 27 octobre, constate Israel Hayom. Car “aucun vainqueur clair n’est apparu” à l’issue du scrutin, le premier au niveau national depuis le choc des attaques meurtrières du Hamas le 7 octobre 2023, résume le Jerusalem Post. Les sondages de sortie des urnes “publiés (dans la nuit de mardi à mercredi) par les chaînes 11, 12 et 13 […] ont tous montré que ni (la coalition sortante de droite et d’extrême droite) du Premier ministre sortant Benyamin Nétanyahou ni le bloc d’opposition cherchant à la remplacer n’avaient obtenu la majorité de 61 sièges” sur les 120 que compte la Knesset.

D’après les sondages de sortie des urnes actualisés, le camp du premier ministre Benyamin Nétanyahou “prenait l’avantage” avec 51 sièges, tandis que le bloc de l’opposition emmené par le centriste Gadi Eisenkot “chutait” à 50 sièges, détaille Ynet News.

Benyamin Nétanyahou s’est dit, tard dans la nuit, prêt à former un gouvernement. “Nous devons mettre en place un gouvernement de droite fort”, a déclaré le Premier ministre, appelant “la majorité juive et sioniste à se ressaisir et s’unir”.

Ha’Aretz parle de “surprise générale” au sujet des résultats de son camp, alors que “tous les sondages de sortie des urnes précédents” prévoyaient une avance pour le camp de Gadi Eisenkot.

Gadi Eisenkot avait vu, plus tôt dans la soirée, les premières estimations comme un “désaveu complet” pour Benyamin Nétanyahou. “Le peuple a choisi le changement”, a-t-il assuré devant ses partisans, promettant de “tout faire pour former un gouvernement”.

“La course reste plus ouverte que jamais”

“Les électeurs israéliens ont rendu leur verdict, mais celui-ci n’est pas sans appel” et “la course à la formation du prochain gouvernement reste plus ouverte que jamais”, prévient Israel Hayom. “Finalement, les Israéliens se sont couchés le soir des élections sans savoir quel gouvernement allait émerger […]”, observe le journal.

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“Mercredi matin, la situation restait très floue en Israël. Pour ne rien arranger, les sondages de sortie des urnes israéliens ont toujours eu une fiabilité inégale, surtout lors d’élections serrées”, note le New York Times.

Le Likoud de Benyamin Nétanyahou, qui reste le premier parti avec 27 sièges selon les estimations (contre 32 précédemment), “a réalisé un retour en force in extremis”, commente Israel Hayom. “Malgré des prévisions pessimistes, le Likoud a réussi à gagner du terrain dans les dernières heures du scrutin, grâce à la campagne très efficace du Premier ministre […], axée sur la mobilisation des électeurs arabes”, analyse le quotidien.

Les partis arabes possibles faiseurs de rois

Mais d’après les projections actuelles, “aucun des deux blocs ne peut former de gouvernement sans (le soutien des) partis arabes (pour former une majorité) ”, commente Israel Hayom. Ceux-ci “ont enregistré des gains sans précédent” et devraient obtenir un total de 17 ou 18 sièges, “ce qui complique la formation d’une coalition”.

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Le média crédite “la forte participation électorale” pour expliquer leur performance. Le taux de participation final s’est établi à 77,7 % à la fermeture des bureaux de vote à 22 heures mardi, selon la Commission électorale centrale (CEC), soit une hausse de 7,1 % par rapport aux élections de 2022.

“Il convient de souligner l’extraordinaire succès des partis arabes”, relève Israel Hayom. “Ce succès témoigne d’une évolution de la pensée politique chez les citoyens arabes d’Israël après le 7-Octobre. Déterminés à peser sur le destin du pays, les électeurs arabes ont rompu de manière décisive avec une longue tradition de désengagement électoral généralisé.”

Les résultats définitifs de l’élection sont attendus d’ici au 30 ‌octobre et seront officiellement ​annoncés le 4 novembre. Le dépouillement sera suivi “d’une tentative potentiellement longue des blocs pour constituer une majorité parlementaire”, prévient le New York Times.

“Cependant”, met en garde Israel Hayom, “la plus grande inconnue n’est pas d’ordre politique mais sécuritaire”. “Une nouvelle confrontation militaire avec l’Iran pourrait avoir un effet similaire à celui des premiers jours qui ont suivi le massacre du 7-Octobre, en favorisant la formation d’un gouvernement d’union nationale.”

“Alors que des informations font état des pressions exercées par M. Nétanyahou pour une reprise des attaques contre l’Iran”, écrit le New York Times, M. Eisenkot l’a mis en garde, lors d’un discours à ses partisans, contre tout abus de pouvoir en tant que Premier ministre par intérim pour influencer la formation du nouveau gouvernement. “Nétanyahou, n’osez pas instrumentaliser la sécurité d’Israël à des fins politiques”, a-t-il déclaré.