Pour la plupart d’entre nous, la mort n’est pas un sujet de conversation parmi d’autres. Un jour, à un déjeuner, une de mes amies s’est mise à parler de sa mère, morte plusieurs années auparavant. Par moments, elle avait la voix entrecoupée, mais elle en a parlé sans détour – comme d’une simple réalité. Au cours de la conversation, j’ai remarqué qu’un autre ami remuait sur sa chaise, l’air gêné ; il n’a pas dit grand-chose.

Ensuite, je lui ai demandé ce qui n’allait pas. “Je n’aime pas vraiment parler de la mort, m’a-t-il avoué, les mains tremblantes sous l’effet de l’anxiété. Je ne veux même pas y penser, ça me fout les jetons”.

Son malaise m’a paru bête – même si c’est l’attitude la plus normale du monde. Nous allons tous mourir, et tous ceux que nous connaissons aussi. Alors pourquoi en avoir si peur ? Et comment ne pas en avoir peur ?

Des sociétés “phobiques du chagrin”

Mon ami est loin d’être le seul à éprouver ce malaise. “Nous vivons dans des sociétés phobiques du chagrin, illettrées du deuil”, souligne le Dr Lucy Hone, chercheuse sur la résilience et le chagrin, autrice de How Will I Get Ever Through This ? A Practical Guide to Navigating Life’s Toughest Times [“Comment vais-je surmonter une chose pareille ? Guide pratique pour affronter les périodes les plus dures de la