[Rencontre] Konyikeh : de la rigueur classique à la liberté de désapprendre
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Voix grave et profonde, formation classique exigeante, racines camerounaises et jamaïcaines : Konyikeh a longtemps gardé séparées les différentes facettes de son histoire. Avec Cinere, l’artiste londonienne s’autorise enfin à les faire cohabiter, de la soul à l’amapiano et au gqom. Une liberté nouvelle, conquise en apprenant aussi à désapprendre.
Une musicienne façonnée par le classique
Konyikeh a grandi à Londres, dans une famille d’ascendance camerounaise et jamaïcaine. Très tôt, la musique classique prend une place centrale dans sa vie : violon, chant, orchestre, chœurs, puis dix années de formation à la Guildhall School of Music. Elle en garde une discipline très forte, le goût du détail, mais aussi une certaine obsession de la justesse et du contrôle.
Pendant longtemps, elle se pense d’ailleurs d’abord comme une musicienne avant de se considérer comme une chanteuse, puis comme une artiste. Le violon, son premier amour, devient même un temps une source de tension : à force de travail et d’exigence, elle finit par lui en vouloir avant de renouer, des années plus tard, avec le plaisir de jouer.
Ses premiers morceaux la font connaître dans un univers plutôt soul et R&B. Elle rejoint FAMM, le label fondé par Jorja Smith, et publie deux premiers EP. Mais avec Cinere, quelque chose change.
Désapprendre pour trouver sa liberté
Sur ce nouveau projet, Konyikeh semble s’autoriser beaucoup plus de choses. Elle fait entrer dans sa musique tout ce qu’elle aime : sa culture classique, la soul, le chant choral, mais aussi des sons qu’elle a découverts plus récemment, notamment l’amapiano et le gqom sud-africains, dont elle est devenue passionnée.
Ce déplacement musical accompagne un mouvement plus intime. Konyikeh raconte avoir dû désapprendre une partie de ce qu’on lui avait inculqué : la peur de la faute, le besoin de perfection, la crainte aussi de ne pas correspondre à ce qu’on attend d’elle. En studio, elle apprend à laisser davantage de place à l’instinct, à l’imprévu, au plaisir.
Cette liberté nouvelle traverse également ses textes. Konyikeh y parle de vulnérabilité, du doute, de la difficulté à laisser quelqu’un entrer dans son intimité, mais aussi du regard porté sur les femmes noires lorsqu’elles expriment leur colère.
Pour BPM, elle remonte avec nous le fil de cette histoire à travers différenets objets que l’on retrouve sur la pochette de Cinere. Autant de portes d’entrée vers une artiste qui, après avoir passé une grande partie de sa vie à apprendre, découvre aujourd’hui tout ce que désapprendre peut libérer.
Pour suivre Konyikeh
Titre diffusés
Extraits de Cinere (FAMM – 2026) : "Vulnerabilty"; "Buyer’s Remorse"; "Mercenary"; "Jealous"; "Miserere"; "Blackthorne"; There for me (Freestyle)"
Extraits de Problem with Authority (FAMM - 2024) : "Sit Down"; "Lie to Me"; "Problem with Autority" ; "Chan Chan (Freestyle)" ; "Beautiful Ways"
Extraits de Litany (FAMM - 2023) : "Sorrow"; "Teenage Dreams" ; "I Cry" ; "Jealous" ; "Joy and Pride" ; "Girls Like Us "
Et aussi : "Leg over" de Mr Eazi; "Homeless" du Kenyan Boys Choir
Voix française : Ludivine Amado
Journaliste : Hortense Volle
Réalisation : Benjamin Sarralié
Mixage 3D en Dolby ATMOS pour une écoute immersive au casque : Jérémie Besset
Responsable d'unité de production FMM – RFI Labo : Xavier Gibert
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